La Caméra d’Or à Montreuil

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(Antony Chen au Cinéma Méliès de Montreuil © Jean-Claude Djian)

Le singapourien Antony Chen,  qui a reçu la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes, présentait le 3 septembre dernier, en avant première, son film Ilo Ilo au cinéma le Méliès à Montreuil. A 29 ans, il est le plus jeune cinéaste à recevoir cette haute distinction.

 

17-anthony-chen-et-agnes-varda-26406Agnes Varda, présidente du Jury de la Caméra d’or avec Antony Chen

La Caméra d’Or un sacré prix

Rappelons que la Caméra d’Or consacre chaque année le meilleur premier film issu de la Sélection officielle, de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Réalisateurs. Cette année, ils étaient 23 à concourir pour cette récompense qui a étéremise lors de la soirée de clôture le dimanche 26 mai. La Présidente du Jury de la Caméra d’Or était Agnès Varda. Antony Chen a remporté ce prix à l’unanimité

La formation passe par la pratique du court métrage

Antony Chen est rentré à 17 ans à l’école de cinéma de Singapour et a terminé ses études à la National Film and Television School, au Royaume-Uni (équivalent de La Femis à Paris) en 2010. C’est là qu’il rencontre Benoit Solé, un français qui va devenir son Chef opérateur. Pour le futur cinéaste, l’important est de mettre en pratique la technique acquise en cours.

C’est avec l’expérience que j’ai acquise en réalisant une dizaine de courts métrages que j’ai pu me lancer dans l’écriture et la réalisation d’Ilo Ilo.

Ilo Ilo se déroule à Singapour en 1997, en pleine crise économique et financière qui a touché la grande majorité des pays du Sud Est Asiatique. Dans la famille du Jeune Jiale, enfant turbulent les rapports familiaux sont tendus. La mère va décider d’engager une nounou philippine, Térésa, pour s’occuper de son fils.

Antony Chen filme de façon intimiste cette famille dont les moyens financiers se dégradent. Le père se retrouve au chômage et la mère passe sont temps, dans son entreprise, à taper des lettres de licenciement. Térésa va faire des extras dans un salon de coiffure. Même le jeune Jiale essaye de trouver une martingale pour gagner au Loto. Le besoin d’argent est partout.

Cette crise  incidieuse, qui s’insinue au jour le jour, Antony Chen l’évoque dans une interview qu’il m’a accordé.

Dans Ilo Ilo, on retrouve l’apprêtée délicate et à fleur de peau du cinéma social britannique d’un Ken Loach.

Mon conseil : Allez voir Ilo Ilo. Plongez dans la vie intime de la famille du jeune Jiale. Découvrez ce que pouvez être la crise à Singapour en 1997. Vous ne le regretterez pas, cela vaut son pesant de Caméra d’Or.