Tranche de misère

Pole emploi

Dans l’économie en crise qui frappe, la lutte des classes n’existe plus. Elle serait remplacée par la lutte entre les plus précaires. Leila, une mère de famille en fin de droits à Pôle de Emploi n’a qu’une envie, toucher le RSA. Elle témoigne à notre micro.


Mercredi 11 décembre 11h00 à Pôle emploi de Montreuil. Formateur en CDD, j’apporte une pièce nouvelle pour tenter de compléter mon dossier en souffrance et me permettre de voir enfin les portes de mes droits à l’ARE (Allocation d’aide au Retour à l’Emploi) se rouvrir et toucher une indemnisation que j’attends depuis le mois d’août.

Climat de résignation
File d’attente pour atteindre les deux guichets sur quatre qui fonctionnent . La queue n’est pas énorme mais on sent flotter parmi nous un climat de résignation, de fatalité. L’énervement n’est pas de mise. On espère tous que notre problème sera vite solutionner par un rendez-vous ou que les papiers que l’on amène sont les bons et suffisants pour faire avancer notre pion dans ce labyrinthe sans fin qui est celui de l’administration de Pôle Emploi.

Je veux toucher le RSA
Leila, une femme d’une trentaine d’années discute avec un homme plus âgé qu’elle.

Tu bénéficies du RSA, tu en as de la chance ! Confie Leila

Paradoxe, comment une personne indemnisée au chômage peut envier quelqu’un qui touche le Revenu de Solidarité Active.  En discutant avec  Leila, j’ai compris la précarité de sa situation et le pourquoi de son désir. Arrivée en fin de droits elle touche 490 euros d’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) auxquels s’ajoutent 400 euros de la CAF.

J’ai 890 euros pour trois bouches à nourrir, sans compter les autres dépenses. C’est difficile à vivre. J’aimerai chercher du travail mais ce n’est pas possible car je dois m’occuper de ma fille  de 18 mois. On m’a refusé deux fois  la crèche et je n’ai pas les moyens de prendre une nourrice.

Les droits connexes du RSA

L’urgence de Leila  n’est plus de trouver du travail mais de bénéficier du RSA et d’avoir la possibilité d’obtenir, si  possible,  les droits connexes qui vont avec : la CMU, l’exonération de la taxe d’habitation et de la contribution à l’audiovisuel public, la réduction sociale téléphonique, des droits locaux (gratuité des transports, cantine, …) et l’allocation logement. Sans parler des possibilités pour se former plus faciles  pour  que les personnes  inscrites à Pôle emploi.
Les bénéficiaires du RSA seraient-ils mieux lotis que les demandeurs d’emplois ?
Certains  le pensent comme Leila. Pour elle, le rêve d’une vie meilleure n’est plus à l’ordre du jour. Les pauvres en sont venus à envier d’autres pauvres. Le monde marche sur la tête.

Ecoutez le témoignage de Leila

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