Véronique Nahoum-Grappe : « Il faut politiser la question des droits de l’homme.»

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© Michel Monteaux

Après les propos recueillis sur le marché de Cabourg, j’ai réalise plusieurs interviews pour GLOBAL Magazine.Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, souligne que les droits humains ne relèvent pas de l’économie mais de la liberté.

Véronique Nahoum-Grappe , Quel est votre regard sur la campagne électorale ?

Plus qu’un regard sur cette campagne, c’est une écoute sur les échos, les discussions à propos de cette campagne. Ce que je trouve tragique, c’est l’amnésie historique du fait qu’un régime devient moins démocratique, comme ce qui se passe en Turquie actuellement, avec la menace sur la séparation des pouvoirs, la menace sur les droits de l’homme, la menace sur la presse indépendante, incarcération, criminalisation de la liberté politique. Quand ces régimes-là s’installent dans la réalité politique non seulement cela entraine une perte de liberté et un changement politique mais cela dure. Ce que je trouve tragique, c’est que les gens disent, « on va voir ce que cela va donner avec Marine Lepen ». Ils ne se rendent pas compte que nous avons eu pendant tout le 20ème siècle des dictatures soit totalitaires, soit fascistes et cela s’inscrit avec la terreur et ça dure pendant des années. Après le référendum turque, Erdogan pourra rester au pouvoir jusqu’en 2029, Poutine n’est pas prêt à partir et Bachar el Hassad veut installer son fils au pouvoir c’est-à-dire une tyrannie de père en fils. On oublie l’efficacité de la terreur et quand une dictature s’installe elle dure et cela les gens l’ont complètement amnésié.

« Un régime qui viole les droits humains dévoile sa culture politique et son idéologie inégalitaire. »

Dans la campagne présidentielle, les candidats mettent l’accent sur le débat économique. Ont-ils raison ?

Bien sûr c’est important la situation économique notamment avec l’absence de travail et la montée du chômage. Le sociologue Robert Castel l’avait bien dit : « Quelqu’un au chômage c’est une punition psychique atroce et pas seulement un problème économique. » Dans la campagne présidentielle, il faut parler de l’économique oui mais il faut aussi parler des droits de l’homme de façon politique. Les droits de l’homme ne coûtent pas très cher, il suffit juste d’un appareil de défense des peuples au regard des abus de pouvoir. Ce sont les contre-pouvoirs. Les droits de l’homme c’est la liberté et la liberté c’est le sel de la vie. Voir que des gens vont voter pour des extrêmes, c’est terrible. C’est vrai que la démocratie c’est difficile mais voir que les gens vont voter pour massacrer leur liberté, ça fait un drôle d’effet. Il faut politiser la question des droits de l’homme, et non pas seulement « l’humanitariser » si on ose ce néologisme.  Un régime qui viole les droits humains dans sa pratique politique réelle dévoile immédiatement sa culture politique, et son idéologie inégalitaire. Le problème des droits de l’homme, ce n’est pas un problème économique, c’est une question de liberté et la liberté c’est le charme de la vie.

« Où il y a le droit de vote il faut le respecter. »

 Que faut-il penser de ceux qui décident de voter blanc ?

Je comprends ceux qui disent « rien ne me plaît moi je vote blanc. » Ca c’est intéressant. En revanche, ceux qui disent « moi le vote, je m’en fous, je vais à la pêche. ». Ceux-là, je les trouve en dessous de tout. Il y a des pays où il n’y a pas de droit de vote et les gens meurent pour qu’il y en ait un. Où il y a le droit de vote il faut le respecter. C’est du luxe de mépriser le vote. Je ne pense pas que ce soit un luxe que l’on peut se payer très longtemps. Bientôt, les gens n’auront plus le droit de vote à force de cracher dessus.

Véronique Nahoum-Grappe est anthropologue, chercheuse à l’EHESS et au Centre Edgar Morin. Elle fait partie du comité de rédaction de la revue Chimères. Elle a travaillé sur les conduites d’excès et de dépendance, l’esthétique du corps, la violence, les rapports entre les sexes … Autant de sujets qu’elle aborde en observant ses contemporains, en travaillant par exemple dans les prisons, dans les camps de réfugiés en ex-Yougoslavie ou encore pour la Protection judiciaire de la jeunesse.

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Geneviève Fraisse : « Les élus de la nation sont hors d’usage, dépassés. »

Geneviève Fraisse ©Pascal Croisy

Après les propos recueillis sur le marché de Cabourg, j’ai réalise plusieurs interviews pour GLOBAL Magazine. Geneviève Fraisse, philosophe et historienne féministe, s’inquiète d’un fonctionnement de la République et de l’Europe qui ne convient plus.

Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle ?

J’ai le regard de ceux qui pensent que quelque chose est vraiment fini et qu’il était temps que cela finisse. Je veux parler de cette représentation oligarchique coupée des gens et qui se reproduit aussi bien au niveau des institutions que des partis. Les élus, représentants de la nation et du peuple sont « hors d’usage », dépassés, et ne sont plus du tout en rapport avec le réel. Je regarde avec intérêt le cumul des mandats s’arrêter doucement et la façon dont les uns et les autres décident de ne plus se représenter. Dans le mouvement pour la parité, dans les années 90, la critique du cumul était un argument pour faire plus de place aux femmes. Vingt ans plus tard, je vois cela se réalise. Comme s’il y avait une sorte de privilège qui ne pouvait plus fonctionner. Mais c’est un détail !

« Au 18ème siècle, les nations ont fait la paix avec du commerce et au sortir de la guerre on a bâti l’Europe sur cette même idée. » 

Faut-il tirer un trait sur l’Europe qui vient de fêter ses 60 ans comme le demandent certains candidats ?

Mis à part l’extrême droite, je ne pense pas que les autres candidats veuillent tirer un trait sur l’Europe. Au 18ème siècle, les nations ont pensé faire la paix avec du commerce et au sortir de la guerre on a bâti l’Europe sur cette même idée : le commerce produit de la paix et pas seulement des richesses. Mais tout cela a été débordé par les mécaniques économiques et financières dont nous sommes actuellement les prisonniers.

« Il y a un fonctionnement de la République et de l’Europe qui ne convient plus. »

Dans l’enjeu électoral comment faut-il regarder le vote blanc ?

Je comprends tout à fait que des personnes ne veulent pas voter compte tenu de la situation actuelle ; mais cela ne veut pas dire ce soit la bonne solution. Il faut surtout entendre ce que cela veut dire. Il y a effectivement là un fonctionnement de la République et de l’Europe qui ne convient plus. C’est sans doute pour cela que des jeunes, comme des vieux, disent « je rentre sur mes terres ». Le municipal plutôt que le législatif ; cela fait réfléchir…

Geneviève Fraisse est philosophe, historienne de la pensée féministe et directrice de recherche émérite au CNRS. Entre 1999 et 2004, elle a été députée européenne. Dernière publication :   La sexuation du monde, Réflexions sur l’émancipation. Presses de Sciences Po. 200 pages. 19,00 €

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Cabourg, militants et gentlemen 

Macron FillonPhoto : Jean-Claude Djian

A la grande loterie du reportage-sondage sur les intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle, j’ai tendu mon micro sur le marché de Cabourg (Calvados). Pourquoi Cabourg …. pas de calcul stratégique, simplement parce que j’y suis passé et que Cabourg, 3673 habitants, est une photographie de la France balnéaire. Marcel Proust en plus.

En ce dimanche 16 avril, à une semaine du premier tour des présidentielles, ça tracte fort sur le marché de la station balnéaire de Cabourg. Seuls les fillonistes et les macronistes sont présents. Un chanteur des rues pousse sa complainte à l’accordéon en faisant la manche. Une productrice d’andouilles nous interpelle pour venir goûter ses produits faits maison. Même si les intentions de vote sont en faveur d’Emmanuel Macron, les fillonistes veulent encore y croire.

On sent que les gens sont beaucoup plus attirés par Fillon. Enormément de gens lui ont pardonné ses erreurs. Ils ont compris que c’est lui qu’il faut choisir pour diriger la France et pour parler aux Russes et aux Américains.

Du côté d’En Marche, ça discute renouveau.

Moi, je suis à la retraite et je crois en Macron. Pas parce qu’il est jeune, mais parce que son programme incarne une vraie rupture en matière politique.

Un couple s’oppose. Elle ne s’est encore décidée. Elle trouve étonnant que les affaires de Fillon tombent au moment des élections. Son mari votera Macron. Il en a assez des attitudes partisanes de la gauche et de la droite.

Devant la poissonnerie Le Homard Bleu, un homme, la trentaine, mange des huitres accompagnées d’un verre de blanc. Il savoure son en-cas mais trouve amer la campagne électorale.

Je ne sais absolument pour qui voter. Pour la droite, c’est non. Macron ne me convainc pas encore. Je pensais voter Hamon, je ne suis toujours pas convaincu. Je n’ai aucune idée pour qui voter. C’est la première fois de ma vie.

Les équipes Fillon et Macron ont fini par distribuer leurs tracts côte à côte.

Etre militant, c’est déjà un acte. Il faut respecter tous les militants. La campagne a été longue et les gens sont fatigués. Il faut que cela se termine dans l’isoloir. Et Hasta la vista !

Militants et gentlemen. Nous sommes bien à Cabourg, le Balbec imaginaire des romans de Marcel Proust.

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Parlons de Berroyer

Sous une superbe couverture dessinée par Philippe Honoré (assassiné le 7 janvier 2015), Parlons peu, parlons de moi de Jackie Berroyer regroupe des chroniques musicales qu’il a publié dans le magazine suisse Vibrations, dans Fluide glacial et dans Siné Mensuel. Rencontre avec l’auteur qui se considère comme un écriveur tout terrain.

Commentées, distanciées, ces chroniques forment un carnet de bord où l’auteur note ses plaisirs musicaux et littéraires, ses histoires d’amours, ses problèmes d’argent et ses souvenirs avec des amis dont la plupart ont cassé leur pipe…

Mes chroniques, c’est un éparpillement substantiel, une manière de faire qui n’est pas du tout calculée. Je circule où le vent me pousse un peu comme le bouchon au fil de l’eau.

Au gré des pages, on se laisse porter et l’on partage les gouts d’un homme à la culture éclectique et ébouriffante.

Côté jazz, on voit passer et repasser Miles Davis, sa référence, un peu son gag à répétition. Côté rock, il apprécie le surréalisme décalé de Captain Beefheart et conseille d’écouter d’urgence son album « Bat Chain Puller ». Ce guitariste chevronné aux riffs détonants a été un compagnon de route de Frank Zappa. Au détour d’une chronique, il évoque la mort de John Lee Hooker.

J’ai ressorti tous ses vinyles en hommage. En général, j’écoute toujours mon ou mes morts de la semaine. Des morts qui ont compté pour moi de leur vivant.

Jackie Berroyer écrit sur la musique et il en joue aussi sur une guitare Rickenbacker pour le plaisir.

En ce moment j’apprends la manière de faire du bluesman Albert King et je suis à fond avec lui.

Question lecture, il apprécie les ouvrages qui le font phosphorer. Il mise gros sur Emmanuel Levinas, recommande l’Apocalyse de David Herbert Lawrence et les pensées d’Uriel Da Costa, un philosophe portugais du XVII ème exécuté car il n’était pas dans le dogme. La lecture le met en joie.

On peut avoir la joie de l’esprit comme la joie du corps quand on fait du sport. Quand j’étais petit, j’ai entendu un philosophe dire : Ce n’est pas à moi à vulgariser, ce sont aux autres à faire des efforts.

Les efforts intellectuels, c’est ça gymnastique personnelle. Son dernier plaisir est René Char en ses poèmes de Paul Veyne. Pour lui, la poésie est une nécessité.

Dans Parlons peu, parlons de moi, il y a une belle brochette de personnalités avec lesquels Jackie Berroyer a fait un bout de chemin. Le Professeur Choron, Reiser, Siné, Wolinski La bande d’Hara Kiri et de Charlie Hebdo de la grande époque. On retrouve aussi Michel Serrault, Jean Carmet, Maurice Pialat avec lesquels il a fait l’acteur. Rajoutons Philippe Honoré, auteur  de la couverture du livre, assassiné froidement le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo aux côtés de ses amis et collègues. Tous ont disparu.

Mes amis tombent autour de moi, ça ne me rassure pas. J’apprends à ralentir mon rythme en vieillissant et j’accorde plus d’attention aux gens, aux choses.

Avec l’échéance électorale qui arrive, Jackie Berroyer trouve le monde de plus en plus fou.

On vient de rentrer dans une phase où tout se complique, tout se mélange comme de la poudre. Les gens qui vont voter pour les fachos oublient l’histoire. Ils ne comprennent pas. Je ne leur en veux pas.

Le dernier Berroyer ne se lit pas d’une traite. C’est un livre de chevet. Il est goûteux. On le goûte et on y retourne.

Parlons peu, parlons de moi de Jackie Berroyer. Edition le Dilettante, 287 pages, 20 euros

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Idem : une pièce exutoire.

Idem

©D.R

Le théâtre de la Tempête présente Idem, création collective de la troupe des Sans Cou inspirée de la prise d’otage du théâtre de la Doubroska de Moscou en 2012. Expérience d’un Spectacle Vivant.
Une annonce comme un prologue

Igor Mendjisky, metteur en scène de la pièce Idem, prend la parole avant que les  comédiens n’entrent sur le plateau. « Après  ce qui s’est passé le vendredi 13 novembre, il me semblait essentiel de dire un mot avant la représentation. On a monter Idem en tentant de s’interroger sur ce que pouvait être l’identité et notamment de ce que pouvait être les identités meurtrières…Dans le spectacle il y a une scène de prise d’otages qui se voulait extrêmement froide et réaliste. Nous n’avons pas voulu la couper mais vous la raconter plus que de la jouer pour tenter de faire  preuve d’une certaine pudeur par rapport aux évènements tragiques. »

Tragi comédie identitaire

Prise d’otage dans un théâtre en pays inconnu. Rafales de kalachnikov en pleine représentation. Un homme s’écroule, un autre perd la mémoire. Que faisait-il là ? Etait-il spectateur, comédien ou membre du groupe des terroristes ? Le thème de la pièce sur l’identité est planté. Cet homme perdu, qu’on appelle Alban le français, est comme une coquille vide fragile et malléable à merci. « Quand on ne sait plus qu’y on est et qu’on vous offre une veste chaude, une camaraderie, un groupe. On y va. » Cette réplique qui donne un sens à l’embrigadement a une résonance particulière avec l’actualité. L’identité meurtrière colle aux basques de l’homme amnésique. Ce moment tragique, n’est que le point de départ de la pièce. Durant trois heures, les huit comédiens nous font rencontrer une panoplie de personnages tragiques et  burlesques à la fois. La femme du disparu qui cherche son mari a en perdre la raison, une troupe de super héros qui veulent sauver le monde, un faux auteur excentrique, un poète gourou qui harangue les foules… Et comme un leitmotiv, la fille d’Alban le français qui passe des dizaines de coups de fils à des inconnus en quête de son père. Avec ces personnages, nous passons de l’âpreté du réel à la douceur du rêve, de la tragédie au rire. En regardant ces situations kaléidoscopiques, nous ressentons l’urgence de ce récit chorale. Les thèmes identitaires abordés se répondent et résonnent avec le public. Identité individuelle, identité de groupe, identité artistique, qui ne les a pas recherchés ? Les Sans Cou nous donne à voir un patchwork du monde, de l’actualité. Quand, à la fin de la représentation, les comédiens devant le plateau saluent les spectateurs en faisant mine de se pendre le poing en l’air, on comprend la saveur d’aller au théâtre et d’y trouver un exutoire nécessaire.

La nécessité de jouer pour les Sans Cou

Les attentats de Paris ont renforcé leur posture d’acteur. Pour Igor Mendjisky « la réalité est venue frapper fort à la porte de notre fiction. Cela nous bouleverse terriblement. En même temps, il ne faut que cela nous empêche de faire notre métier. Nos mots sont nos armes et il faut continuer à s’en servir ». Paul Jeanson puise ses forces dans la troupe. « Elle nous porte. Après les attentats on était tristes et le fait d’être ensemble, cela nous a permis de retrouver la blague, l’humour, l’envie d’être sur scène.» Clément Aubert avoue aussi que « remonter sur scène a été une nécessité. Quand on a rejoué la pièce, on s’est rendu compte que les spectateurs avaient besoin de cet effet catharsistique. Ils se disent touchés. Quelque chose s’est passée en eux. »  Arnaud Pfeiffer affirme rôle de comédien en étant « sur un plateau à travers un texte, un personnage. La meilleure réponse, c’est le spectacle qu’on joue qui est criant de vérité dans l’actualité. »

Retrouver des extraits de la pièce IDEM et des interviews d’Igor Mendjisky et de comédien de la troupe des Sans Cou

IDEM par la troupe des Sans Cou se joue au théâtre de la Tempête à la Cartoucherie de Vincennes jusqu’au 13 décembre

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Attentats à Paris : Imagine

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Attentats dans la capitale. 7 lieux visés. 7. On dit que c’est le nombre parfait. Dans le premier chapitre de la Genèse, il est écrit que Dieu créa le monde matériel en 6 jours, et que le 7ème, il acheva son œuvre en donnant sa bénédiction.

Quelle bénédiction ? Celle de l’obscurantisme et de la haine contre ce que nous sommes ? Nous sommes les citoyens d’une démocratie avec des valeurs dont on peut être fiers. Liberté. Égalité. Fraternité. Laïcité

QUE LA FORCE DE L’AMOUR SOIT AVEC NOUS… IMAGINE.

Le président de la FNSEA hué par sa base

IMG_2439Paris, jeudi 3 septembre. Il fait grand beau pour la manifestation des agriculteurs. Depuis le début de la matinée des tracteurs rutilants Massey Verguson et John Deere entourent la place de la Nation. Sur le terre-plein central, une masse compacte d’un millier d’agriculteurs attendent les nouvelles. Vers les 15h00, Xavier Beulin, président de la FNSEA, monte sur un podium entouré de ses troupes. Les médias sont là. Il s’avance au micro pour présenter les annonces du premier ministre Manuel Valls qui propose des mesures de soutien à l’investissement agricole de 3 milliards d’euros en trois ans. Xavier Beulin est satisfait et il le dit. Dans la foule, des hués fusent. « Démission ! ». « Démission ! » Ce mouvement de contestation attire l’attention de la presse. Le patron du premier syndicat agricole termine son discours dans la confusion. Il s’est fait dépasser par sa base. Xavier Beulin est comme  un prof sans autorité face à ses élèves qui chahutent dans la classe. Notre homme décontenancé est à l’instar d’un formateur qui lit les questionnaires négatifs des stagiaires qu’il a tenté de former.  Copie à revoir M. Beulin…