Assaut au Capitole – Trump la mort

©Photo AFP

Cinq personnes ont péri suite à l’attaque du Capitole par les sympathisants pro-Trump mercredi 6 janvier à Washington. Retour sur les faits. Corinne Deléchat, économiste à Washington, les analyse.

En milieu de journée, Donald Trump fait un discours à ses supporters près de la Maison-Blanche. Il conteste une fois de plus les résultats d’une élection présidentielle qu’il savait perdue. « Nous n’abandonnerons jamais ! » lance t’il.

Galvanisée, la foule se rend au Capitole où a lieu la certification des résultats pour entériner la victoire de Joe Biden.

Très rapidement, les forces de l’ordre sont submergées. Les militants parviennent jusqu’aux terrasses du Capitole, grimpent aux murs, cassent les fenêtres et pénètrent dans le siège du Congrès, munis pour les uns de drapeaux confédérés et pour les autres de symboles complotistes QAnon tandis que les agents de sécurité reculent devant la foule haineuse.

Les vidéos confirment l’extrême violence des manifestants. On voit un policier à terre roué de coups et des appels à « pendre » le vice-président Mike Pence, « le traitre », qui avait annonçait sur les réseaux sociaux qu’il ne s’opposerait pas à la certification des résultats des élections présidentielles. On voit des meutes pourchassant l’agent Eugene Goodman, de la police du Capitole, qui est parvenu à détourner l’attention des émeutiers alors qu’ils s’apprêtaient à faire irruption au milieu des tribunes du Sénat. Goodman, il porte bien son nom.

Cinq personnes ont péri dans l’attaque du Capitole : un policier frappé avec un extincteur, une manifestante abattue par un agent et trois sympathisants pro-Trump, sont morts aux abords du Capitole en raison « d’urgences médicales distinctes » …

Corinne Deléchat, économiste à Washington, analyse la situation

Comment a été perçue la prise d’assaut du Capitole par les sympathisants de Donald Trump ?

« Pour nous c’était un épisode de plus dans le feuilleton délirant qu’a été la présidence de Trump. C’était le dernier salto d’un président qui refusait jusqu’au bout d’accepter qu’il avait perdu. C’était aussi une atteinte grave à la démocratie américaine… La seule bonne nouvelle de la journée c’était la victoire des deux candidats démocrates… »

Il semblerait qu’il y ait eu des failles dans le service de sécurité. Quand pense les médias ?

« Il y a beaucoup de théories et de questions sur le sujet dans les médias. Des enquêtes sont en train d’être menées sur la base des images fournies par les caméras. Les faits troublants concernent la police du Capitole qui était seule face aux manifestants. Ils n’avaient pas reçu d’ordre et ne savaient pas comment gérer la foule. Le chef de la police du Capitole a menti sur le fait que la Garde Nationale devait intervenir. En conséquence, il a démissionné… Comme l’a précisé Joe Biden dans son discours, il y a eu une différence de traitement flagrant entre les manifestants blancs du Capitole et ceux qui étaient dans les manifestations Black Lives Matter cet été. »

Va-t-on tourner définitivement la page Trump ?

« Ce n’est pas le mouvement de Trump. Il a su capter ce mouvement sous-jacent et capitaliser dessus. Il a manipulé un groupe des gens, surtout des blancs, qui ont peur de l’arrivée des minorités, de la perte de leurs privilèges, de l’ouverture au monde et malheureusement, je pense que cela va continuer après lui. Ce que l’on peut espérer, s’il n’y a plus de figure forte en avant plan, c’est que cela perde de l’ampleur. »